Se restaurer en randonnée itinérante

Pour tenir la distance, une alimentation adaptée et en quantité suffisante est impérative. Et repose en grande partie sur les hébergements pour limiter le poids du sac. C’est pourquoi nous avons intégré ce critère essentiel dans notre sélection, en privilégiant bien les deux aspects : qualité et quantité !

  • Les hébergements sélectionnés proposent donc le plus souvent de la restauration. A défaut, il existe des restaurants à proximité vers lesquels ils pourront vous orienter.
  • Une formule « ½ pension » est très souvent proposée, comprenant le dîner, la nuitée et le petit-déjeuner (généralement entre 40 € et 50 €).
  • Certains hébergements proposent aussi des paniers pique-nique.
  • La plupart utilisent des produits locaux

Bonne idée : le plaisir de la rando, c'est aussi le moment du pique-nique, occasion s'il en est de découvrir fromages, salaisons et charcuteries des vallées et massifs traversés. Si ils font partie du patrimoine alpin, ce n'est pas par hasard !

A savoir : vous pourrez aussi, si vous le désirez, utiliser la cuisine en gestion libre (gîte) ou la salle hors sac (refuge) pour concocter vos propres repas. Vous trouverez des précisions sur les possibilités qu’offre chaque catégorie d’hébergement dans la rubrique « hébergement ».

S'hydrater sur la traversée des Alpes

En été, même en altitude, l’eau est bien souvent « le nerf de la guerre ». Les sources et fontaines existantes n’ont pas toujours une potabilité garantie, en particulier en zone de pâturage et en fin de saison. Il va donc vous falloir gérer votre stock d’eau, sans forcément de possibilité de recharge fréquente.

  • Au départ de chaque étape, prévoyez pour chacun de remplir une gourde d’au moins 1,5 l (voire 2 l…).
  • Et réhydratez-vous dès que possible (avec de l’eau, plutôt…). N’oubliez pas que le taux d’hydratation du corps influe grandement sur votre niveau de performance.
  • Les systèmes de purification commercialisés peuvent être utiles.
  • Dans les zones calcaires, en particulier en fin d'été, les sources peuvent être très rares : renseignez-vous à votre point de départ.
  • Dans les refuges, en début et fin de saison, on vous demandera parfois de payer pour de l'eau potable en bouteille, car l’approvisionnement en eau n’est pas forcément garanti.

 

Respecter le milieu naturel

Les Alpes sont le plus vaste espace naturel en Europe. C’est aussi un espace culturel, peuplé depuis les temps préhistoriques. 14 millions d'habitants y vivent actuellement (essentiellement dans les villes) et 60 millions de visiteurs y sont accueillis chaque année. L’équilibre écologique et culturel est fragile. Chacun doit veiller à préserver ce magnifique patrimoine.

Ainsi, nous vous recommandons de :

- ne pas quitter les sentiers balisés : les raccourcis cassent les jambes et les eaux de pluie suivent ensuite vos traces ce qui accélère l'érosion du terrain ;

- ne pas déranger la faune sauvage, en particulier au coucher et au lever du soleil, quand de nombreux animaux cherchent à se nourrir. Ne pas s'approcher d’eux : ils gaspillent parfois une quantité très importante d'énergie pour fuir les dérangements ;

- selon la devise : « Ne prenez que des photos, ne laissez que vos traces de pas ! », ne pas emporter de fleurs ou minerais avec vous ;

- emporter tous vos déchets avec vous (y compris les matériaux compostables) et les déposer dans les conteneurs adaptés en vallée. Eviter, dès le départ, de vous charger d'emballages superflus ;

- refermer les barrières et clôtures derrière vous pour empêcher les troupeaux de s'échapper ;

- vous éloigner du chemin et à plus de 100 m des cours d'eau pour la satisfaction des besoins naturels. Enterrer excréments et papier toilette recyclable (ou les brûler en dehors des périodes de canicule ou des zones forestière sensibles). Emportez tout autre déchet (serviettes hygiéniques, tampons, etc.) avec vous ;

- lire et respecter la réglementation spécifique en place dans les parcs nationaux, réserves naturelles et autres espaces protégés ;

- vous efforcer de venir et repartir par les transports en commun. Et, si vous arrivez en voiture, la garer dans des zones prévues.

 

En cas de besoins : les secours

Prévenir les secours : comment s'y prendre ?

En montagne, un accident ou un incident peut toujours arriver. Autant limiter ses conséquences par un comportement approprié. C’est aussi ça, l’aventure : savoir gérer ses risques et faire face aux imprévus.

  • A l’heure actuelle, le meilleur moyen de prévenir les secours est le téléphone portable, quand il est chargé et quand il passe. Le numéro d'urgence est le 112.
  • Cependant, de nombreuses zones de montagne ne sont pas couvertes par les réseaux téléphoniques. Il peut parfois être utile de remonter sur la ligne de crête pour obtenir une connexion.
  • Si vous êtes prêt d’une zone habitée ou d’un hébergement qui pourra relayer l’alerte, le mieux est de faire passer le message soit par quelqu’un de votre groupe, soit par des personnes de passage.
  • Sinon, alerter en criant, en utilisant un sifflet, en faisant des signaux lumineux ou en agitant de grandes pièces de tissu.

Attention : un blessé doit en principe être laissé à l'endroit de l'accident (sauf s'il y a un risque de sur-accident) et, surtout, jamais seul.

Bonne idée : la plupart des professionnels (guides, accompagnateurs) disposent de radios qui activent des relais leur permettant de communiquer partout avec les secours. Autant vous tourner vers eux si jamais vous en voyez passer au bon moment !

 

Lorsque vous aurez établi le contact avec les secours, soyez précis dans les renseignements à donner :

  • Localisez l'incident avec précision (les coordonnées GPS évitent des incompréhensions)
  • Précisez l'heure, la nature du sinistre, le nombre et l'état des personnes impliquées, le type de terrain
  • Ne pas raccrocher tant que l'on ne vous l'aura pas proposé
  • À l'arrivée des secours, éloigner le groupe et les sacs à dos de la zone d'atterrissage de l’hélicoptère de la Sécurité civile (charger une personne de la responsabilité de surveiller le groupe). Attention : n'approchez jamais d'un hélicoptère avant d'y être invité par l'équipage.

 

Accidentologie : mythes et réalité de la randonnée à pied

La pratique de la randonnée pédestre n'est pas une activité « à risque ». En volume, elle représente cependant une des pratiques les plus « accidentogènes » en montagne (30 % des interventions de secours estivales en moyenne). Mais comme il y a incomparablement plus de randonneurs que d’autres pratiquants de pleine nature, toutes activités confondues, ces chiffres sont à relativiser largement. Et il reste encore beaucoup moins dangereux de randonner en montagne que de prendre le volant !

  • La première cause de mortalité en randonnée consiste en des accidents physiologiques, dont la forme aggravée est l'arrêt cardiaque qui peut être favorisé par l’absence de préparation, le manque de progressivité dans les sorties, une mauvaise gestion de l'effort.
  • La seconde cause de mortalité est la chute. La progression sur un sentier exposé au-dessus de barres rocheuses ou de pentes herbeuses raides présente un risque réel. Une corde fixe avec des ganses (boucles) peut ne pas être inutile dans certains cas ou avec certaines personnes impressionnables ou peu habituées.